Origine et histoire du Château des Clayes-sous-Bois
Le Château des Clayes-sous-Bois est édifié entre 1800 et 1816 dans un style néo-classique par la famille Delaborne, propriétaires terriens de Villepreux. Sa façade rectangulaire, encadrée de deux tours circulaires surmontées de lanternons, est ornée d’un beffroi central. Le château, symbole de prestige local, domine un parc paysager incluant une chapelle carrée et un bassin. Il est le seul bâtiment de la commune à afficher l’heure publique avant la construction d’une mairie dédiée.
En 1915, le château est acquis par Madame Bloch-Levallois, puis par Jeanne de Montagnac dans les années 1920, qui entreprend des travaux de restauration avant de le revendre en 1926. Les nouveaux propriétaires, Lucy et Jos Hessel, marchands d’art parisiens, en font un lieu de réception mondain, accueillant des personnalités comme Tristan Bernard, Édouard Vuillard ou Léon Blum. Le domaine, réquisitionné par les nazis pendant l’Occupation, est incendié en août 1944 lors de la retraite allemande, ne laissant debout que les deux tours et les communs.
Les communs, intégrés aux vestiges du relais de chasse du XIVe siècle (aujourd’hui bibliothèque municipale), sont réhabilités dans les années 1980 pour accueillir des activités culturelles et associatives. Le parc de Diane, classé au patrimoine en 2003, abrite un platane quadricentenaire dit « arbre de Diane », planté selon la légende par la favorite d’Henri II en 1556. Ce platane, labellisé « arbre remarquable de France » en 2000, est le dernier témoin végétal de l’histoire seigneuriale du site.
Le relais de chasse original, construit en 1360 par l’écuyer Pierre Potel sur les ruines d’une maison bénédictine, était un hôtel carré entouré de fossés, dont l’aile sud subsiste. Ce pavillon, fréquenté par Diane de Poitiers, porte encore les traces de son passage : trois écussons en marbre la représentant en laurier, en chasseresse et en armure. La façade et les toitures du bâtiment sont inscrites aux Monuments historiques depuis 1872.
Au XXe siècle, le château et son parc deviennent un lieu de mémoire locale, évoquant à la fois l’héritage médiéval (relais de chasse, dîme ecclésiastique) et les bouleversements modernes (destruction guerre 1944, urbanisation post-Seconde Guerre mondiale). Les communs, aujourd’hui espaces culturels, perpétuent cette dualité entre histoire et vie contemporaine, tandis que le parc offre un accès direct à la forêt de Bois-d'Arcy, ancienne réserve cynégétique royale.